Conques, bourg médiéval, doit beaucoup de sa célébrité actuelle au tympan de son abbatiale.
Primitivement dédié au saint Sauveur, l'actuelle église à trois nefs et déambulatoire est construite sous le patronage de sainte Foy. Martyrisée à Agen en 303, cette jeune chrétienne fut vite vénérée à l'égale de sainte Agnès. Lorsque ses reliques arrivèrent à Conques, en 866, les pèlerins affluèrent progressivement. D'ou l'église actuelle qui remplaça un édifice plus petit dédié au saint Sauveur, avec chapelles à Notre dame et à saint Pierre.
Le tympan polychrome est une oeuvre unique de la sculpture romane auvergnate. La matière employée est un calcaire de Lunel (canton de Conques). Les couleurs d'origine sont encore là en demi-teinte. Quel ne devait pas être leur éclat au XIIe siècle, car on s'entend pour dater ce travail peu après la mort de l'abbé Bégon en 1107 !
La composition est merveilleuse d'équilibre et de sens spirituel. Jésus-Christ Sauveur est central. L'ovale qui l'entoure, traditionnellement appelé mandorle, signifie son état ressuscité, au-delà du temps et de l'histoire humaine : l'Eternel !
Au registre supérieur, la croix est portée par deux Anges en apesanteur ayant en main le clou et la lance, trophées de la passion du Christ. Deux autres annoncent le salut aux extrémités du monde, en sonnant l'olifant ou le shoffar de la tradition juive.
"Outre les longues inscriptions qui ont été composées pour lui et les citations auxquelles il fait appel en les ébauchant, le jugement de Conques se tisse comme une immense toile de fond théologique, liturgique, intellectuelle, féodale, morale.... sans laquelle il serait inintelligible." (1)
(1) J-Cl. Bonne. L'art roman de face et de profil. Le tympan de Conques. Le sycomore 1984. |