| L'ordre des moines cisterciens |
Le 21 mars 1098, Robert de Molesmes et quelques moines arrivent dans un endroit où la nature vierge offre son mystère et son inhospitalité. Sur ces lieux, au bord de la Vouge, ces frères vont édifier le "nouveau monastère", Cîteaux, berceau de l'ordre cistercien.
La naissance de l'ordre est en fait précédée d'une première tentative. En effet dès 1070, quelque moines Bénédictins décident de rompre avec la toute puissance des abbayes et décident de retrouver l'essence du monachisme dans la pauvreté et la quête de Dieu : la règle de Saint Benoît. L'érémitisme semble être le moyen d'y parvenir. Albéric, rejoint par Robert, fonde un monastère à Molesmes, au nord de l'actuelle Côte d'Or. Etienne Harding, moine anglais, croise leur chemin lors de son retour d'un pèlerinage à Rome, il ne repartira plus. Ce trio va dès lors bâtir le monastère qui se développera rapidement. La communauté reçoit de nombreux dons et les richesses s'accumulant, les frères se détournent de la prière provoquant à nouveau la rupture.
La vie conventuelle est rythmée par les heures liturgiques; elle commence dans la nuit, à deux heures, par les matines qui durent jusqu'à quatre heures et demi.
L'heure qui suit est consacrée aux messes des mines-prêtres et aux confessions assuré par l'abbé.
On dit prime à cinq heures et demi, pendant une demi-heure. La communauté se retrouve ensuite dans la salle capitulaire pour la lecture d'un chapitre de la règle et les exhortations du père abbé.
Vers sept heures, chaque moine quitte sa robe de dessus, appelée coule, revêt le scapulaire et se rend au travail pour la tâche qui lui est assignée, labourer, construire, nettoyer, laver, éplucher, ratisser, tisser, ravauder, etc..., assurant ainsi l'autarcie économique de la maison, sans cesser de méditer sur l'amour de Dieu.
Un nouvel office commence à huit heures et demi; on y dit tierce, puis on célèbre la messe conventuelle, suivie de l'office de sexte.
Après une demi-heure occupée à des lectures pieuses, on revient à l'église pour none.
A midi les moines gagnent le réfectoire pour leur premier et leur seul vrai repas de la journée. Chacun trouve sa place son couvert et du pain bis en abondance, avec un pot d'eau ou de vin coupé d'eau. On sert une bouillie de farine ou de légume avec deux portions de fèves ou de gruau, de raves ou de citrouilles ou de tout autrte légume ordinaire; pour le désert deux fruits, pommes ou poires, cuites ou crues.
Après le repas, on se rend à l'église pour rendre grâces et prier, puis chaque moine se retire pour lire et méditer jusqu'à une heure, ou la cloche appelle au travail.
Deux heures après, les moines reprennent leur habit de coeur et leurs méditations jusqu'à vêpres.
A cinq heuress, on prend au réfectoire une collation d'un quart d'heure, pain et fruit. Suit une demi-heure de retraite personnelle prolongée d'une lecture collective d'un livre pieux dans la salle de chapitre.
A six heures, on chante complies dans l'église. Après quoi, les moines se rendent au dortoir, où, à sept heures, chacun s'étend, tout habillé, sur sa couche de bois à peine recouverte d'une mince paillasse; les moines disposent seulement d'une couverture et d'un oreiller rempli de paille.
Ce rythme rigoureux ne connaît de variations qu'avec les saisons, les caprices du temps ou le calendrier des fêtes solennelles. L'été on se couche une heure plus tard; l'hiver, en cas de mauvais temps, on se rassemble plus souvent dans la salle commune près du chauffoir, où l'on s'occupe à lire ou à travailler à des ouvrages manuels. Les malades sont recueillis à l'infirmerie où ils disposent d'un confort un peu amélioré et surtout d'une nourriture plus riche avec des oeufs, de la viande, à l'exception de la volaille prohibé strictement, et le réconfort d'un peu de vin.
Texte de Jean-Yves Ribault. |
MATINES : En Occident, l'office de matines ou des vigiles est le premier office du cursus de l'office divin, destiné à sanctifier le temps de la nuit. Il est caractérisé par une psalmodie prolongée (récitation de psaumes alternés), entrecoupée de lectures longues et du chant de répons destinés à l'intériorisation des lectures.
L'heure de sa célébration a beaucoup varié au cours de l'histoire. Initialement il était chanté à la fin de la nuit. L'heure de son début était calculé de manière à ce que l'office de laudes qui le suit commence au lever du jour. Au cours du Moyen Âge, il a fini par être célébré à heure fixe au milieu de la nuit, puis le soir, après les complies et avant le coucher. Par le fait d'une tolérance beaucoup plus récente, les clercs séculiers pouvaient le réciter à l'heure qui leur convenait, selon leurs activités pastorales.
Constatant l'impossibilité du clergé séculier et des religieux impliqués dans la vie active à respecter la "vérité" des heures canoniques en les célébrant au moment correspondant à leur destination symbolique, la réforme liturgique qui a suivi le concile Vatican II a supprimé l'office des matines du cursus de l'office romain pour le remplacer par un Office des lectures, plus court et pouvant être récité à n'importe quel moment de la journée.
Les moines et moniales contemplatifs qui suivent la règle de saint Benoît continuent à célébrer un office de matines inspiré de la règle bénédictine. Les religieux, religieuses et prêtres de rite romain traditionnel, qui suivent pour la messe la Forme extraordinaire du rite romain (rite tridentin ou de saint Pie V), continuent à célébrer l'office de matines du bréviaire latin antérieur au concile Vatican II.
Homonymie : on appelle aussi matines un livre de piété.
PRIME était une prière de l'office divin.
Correspondant à la première heure du jour, vers 7h00 du matin, il fait partie des « petites heures ». Le concile Vatican II dans la réforme de la liturgie demandée dans Sacrosanctum Concilium rendit cet office facultatif dès 1963, puis l'office fut supprimé : en effet, cet office du matin était considéré comme faisant doublon avec Laudes. Aujourd'hui, il n'est récité que par les prêtres et communautés utilisant les livres liturgiques de 1962 l'office de Prime est conservé par l'ordre cartusien(moines et moniales de l'ordre des chartreux) et par les moniales bénédictines de Solesmes et Kergonan (dans la forme ordinaire du rite romain).
TIERCE :
est une prière de l'office divin.
Cet office tient son nom de la troisième heure du jour, moment auquel il est récité par les moines. Il est donc habituellement chanté ou dit vers 9 heures du matin et commémore le moment où le Saint-Esprit est descendu sur les apôtres.
Dans le rite romain, il est composé d'une hymne, de 3 psaumes (ou morceaux de psaumes), d'une petite lecture, un verset et d'une oraison.
SEXTE
est une prière de l'office divin.
Il est l'office de la sixième heure du jour : soit environ midi. C'est l'office du milieu du jour.
Cet office commémore le moment où le Christ a été cloué sur la Croix : "Le sixième jour à la sixième heure, le Christ cloué sur la Croix a déchiré l'acte du péché d'Adam" (rite byzantin).
Dans le rite romain, il est composé d'une hymne, de 3 psaumes (ou morceaux de psaumes), d'une petite lecture, un verset et d'une oraison. Certains monastères ajoutent, après la bénédiction finale (ou avant, selon les lieux) une antienne à la Vierge Marie.
NONE
est une prière de l'office divin.
Cet office tient son nom de la neuvième heure du jour, moment auquel il est récité par les moines. Il est donc habituellement chanté ou dit vers 15 heures. Il commémore l'instant où le Christ est mort sur la Croix.
Dans le rite romain, il est composé d'une hymne, de 3 psaumes (ou morceaux de psaumes), d'une petite lecture, un verset et d'une oraison.
LES VÊPRES
sont un office, dont le nom vient du latin « vespera » : le soir. Ce mot latin est lui-même une translittération du mot grec « hesperos » qui veut dire « coucher du soleil », provenant de l'indo-européen qui a formé le mot anglais et allemand « west », l'endroit où le soleil se couche. Le mot indique donc un moment précis de la journée.
Ce grand office marque la fin de l'après-midi et le début de la soirée. Dans les monastères, il est généralement célébré entre 17h00 et 19h00. Il marque le changement de jour liturgique, commémore la création du monde et en célèbre la beauté.
Elles diffèrent selon qu'elles sont célébrées par l'Église catholique romaine, l'Église orthodoxe ou le protestantisme. Elles constituent la première des heures canoniales de la journée liturgique.
LES COMPLIES sont une prière de l'office divin et une prière contemplative dans la liturgie des Heures.C'est la dernière prière de la journée, chantée par les moines peu après le coucher du soleil et juste avant le coucher. Dans les monastères, cette prière est suivie d'un grand silence qui durera jusqu'à l'office des Laudes. Le grand silence est conservé en général jusqu'à 9 heures du matin environ jusqu'après l'office de tierce (dans les monastères bénédictins et cisterciens principalement). Les clercs séculiers sont astreints eux aussi à cet office de Complies, ils peuvent le dire à une heure adaptée à leur activité pastorale, mais de préférence peu avant le coucher.
LES LAUDES, dans la forme ordinaire du rite romain, sont organisées de la manière suivante :
- L'hymne
- Plusieurs psaumes, variant selon les jours, avec leurs antiennes que l'on dit généralement avant et après le psaume.
- Un Cantique de l'Ancien Testament
- Le capitule : une lecture brève tirée des Écritures (mais pas des Evangiles)
- Le répons: une ou deux phrases tirées des Écritures, chantées par un ou des soliste(s) et reprises en choeur, avec un Gloire au Père.
- Le Benedictus (Cantique de Zacharie, Evangile de Luc, 1, 68-79). avec son antienne, que l'on dit avant et après le cantique.
- Une prière litanique, louange à Dieu ou intercession pour l'Eglise et tous les hommes.
- Le chant du Notre Père
- L'oraison (qui est la collecte de la messe du jour).
- La bénédiction (ou formule équivalente de conclusion)
Selon les temps liturgiques, les différentes solennités et fêtes et les mémoires des saint(e)s, les hymnes, antiennes, répons, capitules et oraisons diffèrent. Solennités et fêtes ont aussi leurs psaumes propres.
Dans l'Eglise catholique, il y a de nombreux autres formes et rites : certains ordres ou congrégations ont une liturgie des heures propre. En particulier, dans les monastères cisterciens, on termine les laudes par un chant à la Vierge Marie.
Textes de Wikipédia.
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